Après les fusillades, la maire refuse que soit présenté notre voeu demandant plus de moyens à l’état

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Avant chaque Conseil municipal, les groupes politiques peuvent proposer un vœu pour adresser une demande à l’Etat

La Nouvelle Nantes a proposé un vœu demandant concrètement que l’Etat mette de l’argent pour aider les collectivités à financer la prévention de la délinquance

Malgré de beaux discours sur le besoin de prévention, la majorité a rejeté notre vœu.

La volonté affichée par la Maire sur la prévention semble se dégonfler dès qu’il s’agit de parler concrètement de comment la financer


Pourquoi ne pas vouloir demander à l’Etat de participer pour financer de façon durable les mesures qui sont nécessaires ?

  • Recrutement de médiateurs de quartiers et d’éducateurs de rue
  • Financement de l’insertion professionnelle pour les jeunes
  • Des moyens d’accompagnement social
  • De la prévention et de la lutte contre les addictions

Notre voeu:

Exposé des motifs :

La sécurité est un droit pour toutes et tous. Elle doit être garantie dans chaque quartier pour chaque habitant sans distinction d’adresse, d’âge, d’origine sociale ou de situation.

Les violences liées au trafic de drogue frappent durement plusieurs villes françaises, dont Nantes. Elles endeuillent des familles, abîment la vie quotidienne et touchent d’abord les habitants et habitantes des quartiers populaires ainsi que les jeunes les plus exposés aux logiques de recrutement des réseaux..

Ces trafics prospèrent sur l’illégalité de certains produits, malgré une consommation élevée dans la population, ce qui génère une manne financière énorme pour les réseaux criminels. Par ailleurs, l’abandon social et le précariat qui frappent une partie de notre jeunesse permettent à ces réseaux de recruter facilement de nouveaux membres. Il serait donc bien plus efficace, d’une part d’ouvrir la question d’une dépénalisation encadrée de la vente de certains produits, et d’autre part de flécher une partie conséquente du budget vers des politiques de résorption de la précarité et de la prévention de la délinquance.

Les jeunes les plus vulnérables de nos villes sont aujourd’hui la proie des trafiquants et en sont les premières victimes lorsque la violence éclate. La prévention de la délinquance, notamment par des mesures d’accompagnement des jeunes se trouvant dans les situations sociales les plus précaires, est démontrée comme un outil très efficace pour les aider à sortir du cycle de recrutement des réseaux en leur offrant d’autres perspectives d’émancipation sociale

Chaque euro investi dans la médiation sociale, l’éducation de rue, le soutien psychologique et la lutte contre le décrochage scolaire est un euro investi dans la protection des habitants et habitantes. C’est aussi un choix d’efficacité public : prévenir coûte toujours moins cher, que réparer après les drames. La prévention génère des économies ultérieures en coûts de répression, en coût judiciaire et en coût de réparation sociale des personnes.

Les collectivités locales sont en première ligne et les plus à même de construire des politiques de prévention de la délinquance qui soient pérennes et bien ancrées au plus près des habitants. Elles connaissent les quartiers, les associations, les familles, les établissements scolaires, les acteurs de la jeunesse et les besoins concrets des habitants et habitantes. Elles peuvent agir avant que les situation ne basculent, à condition d’avoir les moyens humains et financiers de le faire.

Elles souffrent cependant d’un cruel manque de moyens dédiés à ces politiques, les dotations globales de l’Etat ne permettant pas de financer à la hauteur des enjeux l’embauche de médiateurs de quartier et d’éducateurs de rue, la création et l’animation de lieux de vie pour nos jeunesses, des accompagnateurs sociaux pour lutter contre le décrochage scolaire ou des professionnels du soin pour fournir un accompagnement psychologique.

Le conseil municipal de Nantes affirme donc la nécessité d’un changement d’échelle sur les questions de la prévention.

Le Conseil municipal de Nantes, réuni le 19 juin 2026, demande à l’Etat :

La création d’un fonds national pérenne dédié aux politiques locales de prévention locale de la délinquance, abondé à hauteur de 500 millions d’euros par an, destiné aux communes et intercommunalité, sans condition de seuil de population et en complément des dispositifs existants.

Que cette dotation permette de financer durablement des postes de médiatrices, d’éducateur·ices de rues, de professionnels de l’accompagnement social, de référents de lutte contre le décrochage scolaire, de professionnels de santé mentale et d’animation de lieux de vie pour les jeunesses.

Que les critères d’attribution de ce fonds privilégient les territoires selon un indice de précarité social basé sur des éléments objectivement mesurables (taux de pauvreté, taux de décrochage scolaire, …)

Que cette dotation soit construite dans un cadre pluriannuel afin de garantir la stabilité des actions, la continuité des équipes et l’évaluation des politiques ménées.

Que l’Etat soit en soutien des collectivités pour la formation aux méthodes de prévention situationnelle et de médiation à destination des élus et des agents (policiers municipaux, éducateurs, médiateurs, …)

Le conseil municipal de Nantes réaffirme enfin que la sécurité ne se construit pas seulement après les drames. Elle se construit dans la durée, par la présence humaine, les services publics, la prévention, la justice spatiale et sociale ainsi que la dignité reconnue à chacun de ses 11 quartiers.

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